Protecteurs d’oreilles, berceuses et jouets sensoriels…

Comment aider les enfants ayant des besoins en matière de traitement sensoriel

Les enfants, tel que ceux d’âge préscolaire atteints du trouble du spectre de l’autisme avec lesquels je travaille à la Thursday’s Child Nursery School, peuvent avoir de la difficulté à traiter l’information sensorielle et développer de nombreux comportements extrêmes ou répétitifs qui interfèrent avec le jeu et l’apprentissage. Absorbés par la façon dont leur corps gère le toucher, le mouvement, l’équilibre, le poids, la vision, l’ouïe et le goût, ces enfants peuvent entamer un mouvement continu, faire du bruit, se cacher sous les tables, fixer son regard sur les lumières, faire tomber des choses, mâcher des choses ou appuyer sur des choses. Carly Fleischmann, à la fois non verbale et atteinte d’autisme, qui fait sensation sur YouTube, nous a donné à tous un aperçu en écrivant au clavier des explications claires et touchantes de ce que signifie d’avoir des besoins sensoriels accablants et de la façon dont ils ont des répercussions sur son comportement.

En réponse à la question à savoir pourquoi les enfants autistes se bouchent les oreilles, battent des mains, fredonnent et se bercent, Carly (2011) écrit : « C’est une façon de noyer toutes les données sensorielles qui nous submergent en même temps. Nous créons des extrants pour bloquer les intrants. » [traduction libre]

Pour découvrir les besoins uniques en matière de traitement sensoriel des enfants, nous examinons leurs comportements pour comprendre ce qu’ils cherchent et ce qu’ils évitent. Notre tâche est d’aider chaque enfant à trouver des stratégies d’adaptation qui lui permettront de participer au programme en même temps que leur cerveau et leur système nerveux apprennent à intégrer la nouvelle information.

« Vous ne savez pas ce que c’est d’être moi quand vous êtes incapable de rester assis parce vous sentez comme s’il y avait des centaines de fourmis qui grimpent sur vos jambes. » (C. Fleischmann, 2011) [traduction libre]

Pour ce qui est des enfants dont le corps leur dit de bouger constamment, on peut répondre à ces besoins irrésistibles en fournissant des sièges avec suffisamment d’espace pour bouger, tels que des coussins de caoutchouc ou des berceuses. Certains enfants cherchent l’effet apaisant de pression profonde pour les calmer et les organiser. On peut leur offrir cela avec des vêtements à poids, tels que prescrits par un ergothérapeute, ou de l’équipement à poids, sans les mettre à l’écart de l’activité.

« Notre cerveau a des connexions différentes. Nous captons plusieurs sons et conversations en même temps. Je prends une centaine de photos du visage d’une personne quand je la regarde. C’est pour cette raison que nous avons de la difficulté à regarder les gens. » (C. Fleischmann, 2011) [traduction libre]

Nous réduisons la quantité d’information sensorielle bombardant un enfant d’âge préscolaire en sélectionnant ce sur quoi nous voulons qu’il se concentre. Les jouets sensoriels et les accessoires peuvent renforcer les chansons et les activités d’alphabétisation à mesure qu’augmentent graduellement l’attention et la participation de l’enfant. En travaillant avec des casse-têtes et d’autres jouets sur table, sur des chevalets ou devant un mur vide, on diminue le fouillis visuel et l’on augmente la concentration de l’enfant.

En réponse à la question à savoir pourquoi elle se frappe la tête, Carly répond : « parce que si je ne le fais pas, je me sens comme si mon corps va exploser. C’est comme lorsqu’on brasse une canette de Coke. Si je pouvais arrêter, je le ferais, mais ce n’est pas comme éteindre un interrupteur. » (C. Fleischmann, 2011) [traduction libre]

L’information sensorielle est cumulative. Le système nerveux de l’enfant peut continuer d’accumuler du stress tout au long de la journée jusqu’à ce qu’un élément ou un changement assez mineur ait une incidence énorme. Les nouvelles activités sensorielles ou les activités sensorielles difficiles devraient être abordées graduellement au fil du temps. De simplement toucher de la peinture aux doigts à tous les jours augmentera graduellement le temps passé à l’activité créative. Les protecteurs d’oreilles pour enfant peuvent aider un enfant à participer à des activités qui pourraient autrement l’accabler. Lorsque c’est possible, faites suivre les activités plus difficiles avec des activités qui réduisent le stress de l’enfant. Dans notre classe, nous gardons de petits bacs de matériel sensoriel que nous pouvons sortir au besoin, et nous utilisons également le mobilier de la classe pour créer des zones plus petites où les enfants peuvent se retirer.

« Je veux être capable d’aller à l’école avec des enfants normaux, mais je ne veux pas les perturber si je frappe une table ou si je crie. Je veux quelque chose qui éteindra le feu. Je sais ce qui est bien et ce qui est mal, mais c’est comme si je lutte avec mon cerveau. » (C. Fleischmann, 2011) [traduction libre]

Je crois que Carly parle pour beaucoup d’enfants, plus jeunes et plus vieux, qui veulent faire partie du monde des enfants et jouer, même si c’est difficile. Notre rôle d’éducatrice/ éducateur de la petite enfance est de respecter et d’appuyer chaque enfant comme une personne unique apprenant à être elle même dans un groupe et à avoir du plaisir au cours du processus.

Carolyn Lavigne, EPEI
Thursday’s Child Nursery School, SEAF

Vous pouvez voir Carly Fleischmann dans de nombreuses vidéos sur YouTube en écrivant son nom dans la barre de recherche.