Mon apprentissage de l’énoncé « tu » lors d’un souper chez ma mère

J’enseigne à un petit groupe d’élèves avec divers besoins. Aucun des enfants n’a reçu de diagnostic officiel, mais pour certains élèves, on a élaboré un plan d’enseignement individualisé afin de travailler des objectifs comportementaux particuliers.

Récemment, j’ai essayé une nouvelle stratégie importante dans la classe : les énoncés en utilisant le pronom « tu » que ma mère a partagé lors d’un souper ensemble. Cette stratégie a révolutionné la manière dont je vois la gestion des comportements et les besoins, les désirs et les sentiments des jeunes enfants dans une classe de jardin intégrée. Je me pose les questions suivantes à l’égard de l’enfant. Pourquoi fait il ce qu’il fait? Quelle est sa motivation? Qu’essaie t il de me dire? L’énoncé en utilisant le pronom « tu» permet de reconnaître ce qu’il fait ou dit de la manière la plus positive possible.

Le simple fait de modifier la manière dont vous parlez aux jeunes enfants peut amener un changement de leur réaction et de leur réponse. Je me suis demandé ce que j’avais à perdre? Donnons une chance à ces énoncés en « tu »! C’était très étrange au début de parler aux élèves de cette manière. J’ai commencé à utiliser le pronom « tu », toute la journée dans la classe, pour tout, tout le temps. « Tu es assis sur le tapis! » « Tu as une bonne écoute! » Je formulais tout ce que je disais aux élèves en utilisant le pronom « tu ». Évidemment, ils ont commencé à accrocher, mais pas de la manière dont vous pourriez croire. Un élève pour qui il était particulièrement difficile de respecter les attentes de groupe m’a demandé :
« Pourquoi êtes vous si gentille aujourd’hui, Madame? ».

Tout ce que je disais n’était plus une requête ou une demande, mais une affirmation de ce que ressentait l’enfant, de ce qu’il faisait ou de ce qu’il devait faire à l’école. Au lieu de dire
« je veux que tu te mettes en file maintenant », j’ai essayé « tu peux te mettre en file avec la classe » de la manière la plus positive possible, jusqu’au point où je semblais lui donner des éloges. Au lieu de dire « mets ce jouet de côté », j’ai essayé « tu peux jouer avec ta voiture après ». Au lieu de « on marche dans la classe », j’ai essayé « tu aimes bouger rapidement, tu peux courir au gymnase, tu marches dans la classe ». C’est devenu une manière si efficace d’obtenir l’attention et le respect de l’enfant que j’ai continué d’utiliser ce type de langage en tout temps, à l’intérieur et à l’extérieur de la classe. Cette approche fonctionne également à merveille en groupe. « Tu es assis en silence » peut s’appliquer à un enfant ou à l’ensemble du groupe! Tout le monde est gagnant!

Certains de mes élèves trouvaient étrange que je parle de cette manière : « Madame, pourquoi parlez vous comme ça? » Moi : « Tu as remarqué que je parlais d’une manière différente! Aimerais tu que je parle comme ça demain? » L’élève : « Oui! »

Tiffany Chant
Enseignantes de jardin – Immersion française (OCT)
Spécialiste de l’éducation spéciale, BSc, diplôme d’études supérieures en éducation
Ottawa-Carleton District School Board – École public de Barrhaven